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Sourate 3.55 – Jésus, crucifié mais promis à une longue vie ?

Sourate 3.55 – Jésus, crucifié mais promis à une longue vie ?

par Mai 28, 2019Apologia Islam0 commentaires

Cet article fait partie d’une série d’articles répondant aux arguments de la Communauté Musulmane Ahmadiyya qui affirme que Jésus est allé à la croix mais n’y est pas mort. 

 Jésus devait mourir d’une mort naturelle plus tard

Voici un argument classique de la communauté amaddiyya. 

En regardant succinctement l’utilisation du verbe « tawaffa » nous avons vu que la communauté ahmadis affirme que Jésus devait mourir. Toutefois, il ne devait pas mourir à la croix, mais plus tard. Cette idée, comme celle de l’évanouissement supposée de Jésus ne repose sur aucun verset clair, ni dans la Bible, ni dans le Coran.

Si vous demandez à un membre de la communauté ahmadiyya quel verset dans le Coran explique que Jésus s’est évanouit après son châtiment, il n’aura rien à vous répondre. De même, si vous demandez un verset clair qui exprime l’idée que Jésus n’est pas mort à la croix, mais est mort plus tard, vous n’aurez aucune preuve solide. C’est par un jeu d’interprétation subtil que les ahmadis nient la  mort à la croix.

Le verset 3.55 est mobilisé par les ahmadis pour prouver une mort de Jésus-Christ plus tard. En effet Allah dit dans le Coran « Je te ferai subir la mort et je t’élèverai à moi » (Albert Félix Ignace Kazimirski 1840). Toutefois, le passage semble indiquer que c’est au milieu des tribulations et des complots contre Jésus que Dieu lui accordera la libération par la mort.

« Puis, quand Jésus ressentit de l’incrédulité, de leur part, il dit : «Qui sont mes alliés dans la voie d’Allah ?» Les apôtres dirent : « Nous sommes les alliés d’Allah. Nous croyons en Allah. Et sois témoin que nous lui sommes soumis. Seigneur ! Nous avons cru à ce que Tu as fait descendre et suivi le messager. Inscris-nous donc parmi ceux qui témoignent ». Et ils [les autres] se mirent à comploterAllah a fait échouer leur complot. Et c’est Allah qui sait le mieux leur machination ! (Rappelle-toi) quand Allah dit : « O Jésus, certes, Je vais mettre fin à ta vie terrestre, t’élever vers Moi, te débarrasser de ceux qui n’ont pas cru et mettre jusqu’au Jour de la Résurrection, ceux qui te suivent au-dessus de ceux qui ne croient pas. Puis, c’est vers Moi que sera votre retour, et Je jugerai, entre vous, ce sur quoi vous vous opposiez. » (Sourate 3.52-55)

Le contexte montre que :

  • Jésus ressent de l’incrédulité
  • Les apôtres affirment leur fidélité à Jésus
  • Les autres complotent
  • Dieu promet la délivrance de ces problèmes par la mort

Il y a ici 4 éléments présents déjà dans l’Évangile, (toutefois le dernier à une autre signification dans l’évangile) 

  • Jésus ressent de l’incrédulité : 

« Et les Juifs l’environnèrent, et lui dirent : jusques à quand tiens-tu notre âme en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le nous franchement. Jésus leur répondit : je vous l’ai dit, et vous ne le croyez point ; les œuvres que je fais au Nom de mon Père, rendent témoignage de moi. Mais vous ne croyez point : parce que vous n’êtes point de mes brebis, comme je vous l’ai dit. » (Jean 10.24-26, voir Jean 8.47, Jean 12.37-40)

  • Les apôtres affirment leur fidélité à Jésus : 

« Alors Jésus leur dit : Je serai pour vous tous, cette nuit, une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. Pierre, prenant la parole, lui dit : quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi. Jésus lui dit : Je te le dis en vérité, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Pierre lui répondit : quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous les disciples dirent la même chose. » 

Dans ce passage, les apôtres s’accordent pour dire qui sont prêts à mourir avec Jésus, car Jésus lui-même annonce sa mort et sa résurrection. 

  • Les autres complotent : 

« Lorsque Jésus eut achevé tous ces discours, il dit à ses disciples : Vous savez que la Pâque a lieu dans deux jours, et que le Fils de l’homme sera livré pour être crucifié. Alors les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple se réunirent dans la cour du souverain sacrificateur, appelé Caïphe ; et ils délibérèrent sur les moyens d’arrêter Jésus par ruse, et de le faire mourir. Mais ils dirent : Que ce ne soit pas pendant la fête, afin qu’il n’y ait pas de tumulte parmi le peuple. » 

Encore une fois Jésus annonce sa crucifixion et les responsables religieux juifs complotent contre Jésus. 

  • Dieu promet la délivrance de Jésus par la mort : 

Sur ce point, la bible diverge, elle n’enseigne  pas que sa mort (ou de son sommeil selon l’interprétation) sera un moyen de délivrance pour Jésus mais plutôt de délivrance du genre humain tout entier à  la gloire de Dieu. 

« Et vous, qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos mauvaises œuvres, il vous a maintenant réconciliés par sa mort dans le corps de sa chair, pour vous faire paraître devant lui saints, irrépréhensibles et sans reproche, si du moins vous demeurez fondés et inébranlables dans la foi, sans vous détourner de l’espérance de l’Évangile que vous avez entendu… » (Colossiens 1.21-23) 

Certains commentateurs pourraient à tort utiliser cette parole de Jesus:

« Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ? »

Mais il poursuit :

 » Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure.  Père, glorifie ton nom ! Et une voix vint du ciel : Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore. » (Jean 12.27-28) »

Il n’y a dans le texte du Coran et notamment dans ce verset 3.55 aucune mention d’un quelconque évanouissement ni aucune mention d’un quelconque report de la mort de Jésus comme le suggèrent les ahmadis. 

La mort de Jésus à la croix au milieu du complot des chefs religieux juifs est le scénario le plus logique, celui qui a été annoncé par les prophètes comme je le montrerai, celui qui a été annoncé par Jésus lui-même, celui qui a été prêché par les apôtres, celui que l’église primitive à reçue et que même le Coran n’arrive pas à contredire clairement.